Logiciel bilan carbone : comparatif 2026 des meilleures solutions pour entreprises

Depuis l’entrée en vigueur de la directive européenne CSRD et le renforcement du décret Bilan Carbone obligatoire pour les entreprises de plus de 500 salariés, la question n’est plus de savoir si une organisation doit mesurer ses émissions de gaz à effet de serre, mais comment le faire efficacement, de façon reproductible et auditée. Or, réaliser un bilan carbone manuellement — en jonglant entre des fichiers Excel, des factures fournisseurs et des facteurs d’émission issus de la Base Empreinte® — coûte en moyenne 3 à 6 mois de travail à un consultant ou un responsable RSE, pour un résultat souvent difficile à actualiser d’une année sur l’autre.
C’est précisément pour résoudre ce problème qu’un marché de logiciels de bilan carbone s’est structuré en Europe depuis 2018. Ces plateformes numériques automatisent la collecte des données d’activité, appliquent les méthodologies reconnues (GHG Protocol, ISO 14064, méthode Bilan Carbone® de l’ADEME) et génèrent des rapports conformes aux référentiels réglementaires.
Mais le marché est aujourd’hui fragmenté entre des dizaines de solutions aux positionnements très différents : outils grand public, plateformes dédiées aux grandes entreprises, logiciels à destination des cabinets de conseil, ou encore solutions couplant bilan carbone et analyse de cycle de vie (ACV). Choisir le mauvais outil peut coûter cher — en temps de migration, en coût de licence, ou en non-conformité méthodologique.
Cet article vous propose un comparatif objectif et détaillé de 8 logiciels de bilan carbone représentatifs du marché 2026, accompagné d’une grille de critères pour orienter votre choix selon votre profil d’entreprise.
Pourquoi passer par un logiciel dédié pour son bilan carbone ?
Un bilan carbone, dans sa version complète (scopes 1, 2 et 3), agrège des centaines de sources de données hétérogènes : consommations énergétiques, achats de matières premières, déplacements professionnels, transport de marchandises, fin de vie des produits, etc. La complexité n’est pas tant dans le calcul que dans la collecte, la qualification et la traçabilité de ces données.
Les limites de l’approche tableur
Les tableurs Excel restent l’outil le plus répandu pour un premier bilan carbone, notamment dans les PME. Ils présentent pourtant des limites structurelles :
- Pas de versioning : il est difficile de comparer deux millésimes avec des méthodologies cohérentes.
- Risque d’erreur élevé : une étude de l’université de Hawaii estimait que 88 % des feuilles Excel contenant plus de 150 lignes comportent au moins une erreur.
- Pas d’auditabilité : les facteurs d’émission utilisés, leur source et leur date de mise à jour ne sont pas traçables automatiquement.
- Scalabilité nulle : dès qu’une entreprise gère plusieurs sites, filiales ou périmètres produits, la complexité explose.
Ce qu’apporte un logiciel de comptabilité carbone
Un logiciel de comptabilité carbone professionnel apporte, a minima, les bénéfices suivants :
- Connexion aux bases de facteurs d’émission à jour (Base Empreinte®, ECOINVENT, GHG Protocol databases).
- Workflows de collecte multi-contributeurs avec relances automatiques.
- Calcul automatisé par scope et par catégorie GHG Protocol.
- Génération de rapports conformes CSRD / DPEF / ISO 14064.
- Suivi des plans de réduction dans le temps.
- Exportation des données pour les agences de notation ESG.
Pour une entreprise réalisant un bilan carbone annuel, le retour sur investissement d’un outil dédié se matérialise généralement dès la deuxième année d’utilisation, grâce au temps économisé sur la collecte et la mise à jour des données.
Comment choisir son logiciel bilan carbone : les critères décisifs
Avant de comparer les solutions du marché, il est indispensable de définir ses propres critères de sélection. Voici les dimensions à examiner systématiquement.
1. La couverture méthodologique
Toutes les plateformes n’implémentent pas les mêmes référentiels. Vérifiez :
- Le GHG Protocol Corporate Standard (scopes 1, 2, 3) est-il intégralement couvert ?
- La méthode Bilan Carbone® ADEME est-elle disponible (important pour les entreprises françaises) ?
- L’outil propose-t-il un module ACV (Analyse de Cycle de Vie) conforme ISO 14040/44 ?
- Les normes sectorielles (PCAF pour la finance, GHG Protocol Land Sector) sont-elles intégrées ?
2. La qualité des facteurs d’émission
C’est un point souvent sous-estimé. Un logiciel n’est fiable que si sa base de facteurs d’émission est :
- Complète : couvrant les catégories scope 3 les moins documentées (achats, utilisation, fin de vie).
- Mise à jour régulièrement : l’ADEME publie de nouvelles versions de la Base Empreinte® chaque année.
- Sourcée et traçable : chaque facteur doit indiquer sa source, son année de référence et son niveau d’incertitude.
3. L’automatisation de la collecte
La collecte des données représente 60 à 80 % du temps passé sur un bilan carbone. Les outils les plus avancés proposent :
- Des connecteurs API avec les ERP (SAP, Sage, Oracle) et les outils comptables.
- L’import automatique de factures (via OCR ou EDI).
- Des portails collaboratifs pour les fournisseurs et les filiales.
- Des algorithmes de détection d’anomalies.
4. La scalabilité et l’architecture multi-entités
Pour les groupes et les cabinets de conseil gérant plusieurs clients, l’architecture de la plateforme est critique :
- Gestion multi-sites et consolidation automatique.
- Mode marque blanche (white label) pour les cabinets.
- Gestion des droits d’accès granulaires.
- API ouverte pour intégrer les données dans d’autres outils.
5. La conformité réglementaire et les exports
Avec la CSRD applicable aux grandes entreprises dès l’exercice 2024 et aux PME cotées dès 2026, les exports doivent être alignés sur les standards ESRS (European Sustainability Reporting Standards), notamment E1 (changement climatique).
6. Le coût total de possession
Les modèles de pricing varient fortement : abonnement SaaS mensuel ou annuel, tarification à l’entité, au siège, ou au volume de données. Pour une PME, les budgets s’échelonnent généralement de 3 000 à 15 000 € / an. Pour un groupe international, les licences peuvent dépasser 100 000 € / an.
Comparatif détaillé : 8 logiciels de bilan carbone en 2026
Le panorama ci-dessous couvre un spectre représentatif du marché, des start-ups spécialisées aux plateformes d’entreprise, en passant par les outils pensés pour les cabinets de conseil et les industriels.
1. Zelio Impact
Positionnement : Zelio Impact est un logiciel français de comptabilité carbone conçu pour répondre à trois cas d’usage souvent mal couverts par les autres acteurs du marché : les bilans multi-entités pour les groupes et réseaux, la pratique en mode cabinet de conseil (avec marque blanche), et les bilans industriels intégrant une dimension ACV.
Fonctionnalités principales :
- Bilan carbone GHG Protocol (scopes 1, 2, 3) et méthode Bilan Carbone® ADEME.
- Module ACV (Analyse de Cycle de Vie) conforme ISO 14040/44, permettant de coupler bilan organisationnel et bilan produit.
- Architecture multi-entités avec consolidation automatique des données — adaptée aux groupes, franchises et réseaux multi-sites.
- Mode marque blanche (white label) : les cabinets de conseil peuvent déployer la plateforme sous leur propre identité et gérer plusieurs clients depuis une interface centralisée.
- Automatisation de la collecte : import de fichiers, connecteurs comptables, portail contributeur avec workflow de validation.
- Conformité CSRD / ESRS E1, rapports ISO 14064, exports personnalisables.
- Base de facteurs d’émission intégrant Base Empreinte® ADEME et bases ACV (ECOINVENT, EF).
Points forts : La combinaison bilan carbone + ACV dans une même plateforme est rare sur le marché français. Pour un cabinet souhaitant industrialiser sa pratique de conseil en décarbonation, la fonctionnalité de marque blanche et le mode multi-clients constituent un différenciateur opérationnel concret. L’architecture multi-entités avec consolidation automatique simplifie significativement les bilans de groupe — un point de friction important avec des outils pensés pour des structures mono-entités.
Limites : La solution est moins connue que certains acteurs bénéficiant d’une forte exposition médiatique. Les fonctionnalités orientées secteur financier (PCAF) sont moins développées que chez des spécialistes comme Persefoni.
Profil idéal : Cabinets de conseil en développement durable souhaitant une plateforme d’industrialisation de leur offre bilan carbone ; PME multi-sites et ETI avec périmètre organisationnel complexe ; industriels ayant besoin de coupler bilan organisationnel et ACV produit.
2. Greenly
Positionnement : Greenly est l’une des plateformes françaises les plus connues, positionnée à l’origine sur les startups et PME tech, et montée progressivement en gamme vers les ETI et grandes entreprises européennes.
Fonctionnalités principales :
- Bilan carbone scopes 1, 2, 3 avec GHG Protocol.
- Connexions bancaires et comptables pour automatiser la collecte (via agrégation de données).
- Module de suivi des plans de réduction.
- Tableau de bord ESG avec benchmark sectoriel.
- Rapports CSRD / DPEF exportables.
Points forts : Interface utilisateur soignée, onboarding rapide, forte couverture scope 3 pour les entreprises de services. La connexion aux comptes bancaires et aux outils comptables accélère significativement la collecte pour les petites structures.
Limites : La profondeur méthodologique pour les bilans industriels complexes (avec ACV ou bilan produit) reste limitée. Le pricing peut devenir élevé pour les structures multi-sites importantes. Peu de mode marque blanche documenté pour les cabinets.
Profil idéal : PME et ETI des secteurs services, retail et tech souhaitant un premier bilan carbone complet et un tableau de bord de suivi.
3. Sweep
Positionnement : Sweep est une plateforme anglo-française positionnée sur les moyennes et grandes entreprises (à partir de 250 salariés), avec une forte orientation données ESG et supply chain.
Fonctionnalités principales :
- Comptabilité carbone scopes 1, 2, 3.
- Gestion de la chaîne de valeur avec collecte de données fournisseurs (portail dédié).
- Modélisation des plans de décarbonation sur 5-10 ans.
- Alignement avec les frameworks SBTi, TCFD, CSRD.
- API pour intégration avec les systèmes d’information existants.
Points forts : L’engagement de la supply chain est l’un des points les plus aboutis du marché. La plateforme gère bien la complexité organisationnelle des ETI et des groupes. L’approche multi-frameworks (carbone + eau + biodiversité) est un avantage pour les entreprises souhaitant une plateforme ESG unifiée.
Limites : La complexité de la plateforme nécessite un temps d’implémentation significatif (3 à 6 mois pour une ETI). Le prix est peu adapté aux PME. L’interface est en anglais par défaut.
Profil idéal : ETI et groupes avec des chaînes d’approvisionnement complexes, nécessitant un engagement fournisseur structuré et des rapports multi-frameworks.
4. Normative
Positionnement : Normative est une scale-up suédoise pionnière de la comptabilité carbone basée sur les données d’achat. Elle cible principalement les entreprises de taille intermédiaire et les groupes en Europe.
Fonctionnalités principales :
- Approche “spend-based” pour l’estimation du scope 3 à partir des données comptables.
- Bilan carbone GHG Protocol complet.
- Connexion aux ERP et systèmes comptables.
- Module de réduction avec suivi des initiatives.
- API ouverte pour intégrations personnalisées.
Points forts : L’approche basée sur les données d’achats permet d’obtenir rapidement une estimation du scope 3, même en l’absence de données primaires fournisseurs. Bonne couverture des besoins des équipes finance/contrôle de gestion.
Limites : L’approche spend-based, si elle est pratique, est méthodologiquement moins précise qu’une collecte de données primaires — ce qui peut poser problème pour des bilans à vocation réglementaire stricte. La plateforme est moins connue en France que ses concurrents.
Profil idéal : ETI et groupes souhaitant une première estimation rapide de leur scope 3 à partir des données financières existantes.
5. Plan A
Positionnement : Plan A est une startup berlinoise proposant une plateforme de gestion de la durabilité couvrant carbone, ESG et conformité réglementaire. Elle cible les ETI européennes.
Fonctionnalités principales :
- Bilan carbone scopes 1, 2, 3 avec GHG Protocol.
- Module ESG complet (eau, déchets, biodiversité, social).
- Rapports CSRD, GRI, ESRS automatisés.
- Suivi des objectifs SBTi et Net Zéro.
- Portail collaboratif multi-contributeurs.
Points forts : La couverture ESG au-delà du seul carbone est un avantage réel pour les entreprises devant répondre à des questionnaires ESG complets. Les modules de reporting CSRD sont parmi les plus avancés du marché.
Limites : La plateforme est riche en fonctionnalités, ce qui peut générer une courbe d’apprentissage importante. Le module carbone pur est parfois perçu comme moins puissant que des outils 100 % spécialisés.
Profil idéal : ETI souhaitant une plateforme ESG complète au-delà du seul bilan carbone, notamment pour répondre aux obligations CSRD.
6. Persefoni
Positionnement : Persefoni est une plateforme américaine très orientée finance et investissement, conçue pour les institutionnels, fonds d’investissement et banques devant calculer l’empreinte carbone de leurs portefeuilles selon le PCAF.
Fonctionnalités principales :
- Comptabilité carbone corporate (GHG Protocol) et financement (PCAF).
- Calcul de l’empreinte carbone des portefeuilles d’investissement.
- Alignement TCFD, SBTi for Financial Institutions.
- Rapports réglementaires pour les marchés US et européens.
- Intégration avec les principales plateformes de données financières.
Points forts : La référence du marché pour le secteur financier. La couverture PCAF est inégalée. Forte capacité de traitement de volumes de données importants.
Limites : Peu pertinent pour une entreprise industrielle ou de services hors secteur financier. Coût élevé et complexité d’implémentation. Interface principalement en anglais.
Profil idéal : Banques, fonds d’investissement, assureurs et grands institutionnels devant piloter l’empreinte carbone de leurs actifs financiers.
7. Sami
Positionnement : Sami est une startup française fondée en 2020, positionnée sur les PME et startups souhaitant réaliser leur premier bilan carbone de manière autonome et accessible.
Fonctionnalités principales :
- Bilan carbone GHG Protocol scopes 1, 2, 3.
- Interface guidée et pédagogique, adaptée aux non-experts.
- Facteurs d’émission issus de la Base Empreinte® ADEME.
- Rapport synthétique exportable.
- Accompagnement humain disponible en option.
Points forts : Accessibilité et prise en main rapide. Prix adapté aux budgets PME. Bon positionnement pédagogique pour les équipes n’ayant pas de bagage technique en environnement.
Limites : Les fonctionnalités avancées (automatisation, API, multi-sites, ACV) sont absentes ou limitées. Peu adapté aux bilans industriels complexes ou aux entreprises avec de nombreuses entités.
Profil idéal : TPE/PME réalisant leur premier bilan carbone, souhaitant une approche guidée à prix accessible.
8. Diligent ESG
Positionnement : Diligent ESG (anciennement Galvanize) est intégré dans la suite Diligent, plateforme de gouvernance d’entreprise très utilisée dans les grandes entreprises cotées et les conseils d’administration.
Fonctionnalités principales :
- Collecte et consolidation des données ESG (dont carbone).
- Intégration avec les modules de gouvernance et de conformité Diligent.
- Rapports GRI, SASB, TCFD, CSRD.
- Gestion des audits et de la documentation réglementaire.
- Tableau de bord ESG pour les comités de direction et les conseils d’administration.
Points forts : L’intégration avec l’écosystème Diligent est un avantage majeur pour les entreprises déjà équipées. Forte orientation gouvernance et auditabilité. Adapté aux reporting annuels devant être validés par le conseil d’administration.
Limites : L’outil est avant tout une plateforme ESG et de gouvernance — la profondeur méthodologique sur le carbone pur (notamment le scope 3 détaillé et l’ACV) est inférieure à des outils 100 % spécialisés. Coût élevé, adapté aux grands groupes.
Profil idéal : Grandes entreprises cotées et groupes multinationaux souhaitant intégrer le pilotage ESG dans leur dispositif de gouvernance d’entreprise.
Tableau comparatif : quel logiciel bilan carbone pour quel profil ?
Ce tableau synthétise les critères les plus déterminants pour choisir son outil bilan carbone entreprise selon son profil et ses besoins.
| Logiciel | PME | ETI | Groupe / Multi-entités | Cabinet conseil | Industriels / ACV | Secteur financier | Marque blanche | Module ACV | Automatisation collecte |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Greenly | ✅ | ✅ | ⚠️ Limité | ⚠️ Partiel | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ✅ (bancaire) |
| Sweep | ❌ | ✅ | ✅ | ⚠️ Partiel | ⚠️ Partiel | ❌ | ❌ | ❌ | ✅ (supply chain) |
| Normative | ⚠️ Partiel | ✅ | ✅ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ✅ (spend-based) |
| Plan A | ⚠️ Partiel | ✅ | ✅ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ✅ |
| Persefoni | ❌ | ⚠️ Partiel | ✅ | ❌ | ❌ | ✅ | ❌ | ❌ | ✅ |
| Sami | ✅ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ❌ | ⚠️ Limité |
| Diligent ESG | ❌ | ⚠️ Partiel | ✅ | ❌ | ❌ | ⚠️ Partiel | ❌ | ❌ | ✅ |
| Zelio Impact | ✅ | ✅ | ✅ | ✅ | ✅ | ❌ | ✅ | ✅ | ✅ |
Légende : ✅ Couverture complète | ⚠️ Couverture partielle ou en développement | ❌ Non couvert
Quel logiciel bilan carbone selon votre profil d’entreprise ?
Au-delà du tableau synthétique, voici une analyse par type de structure, pour orienter votre réflexion de façon plus fine.
PME (10 à 250 salariés)
Pour une PME réalisant son premier bilan carbone, les priorités sont : la simplicité de prise en main, un pricing accessible (généralement sous 5 000 € / an) et une couverture méthodologique suffisante pour répondre aux obligations légales ou aux questionnaires clients (notamment dans le cadre de la loi Climat et Résilience).
Sami répond bien au besoin d’un premier bilan guidé. Greenly offre un niveau de profondeur supplémentaire avec une automatisation intéressante pour les PME de services. Zelio Impact est à considérer dès que la PME a plusieurs sites ou une dimension industrielle nécessitant une approche produit.
ETI (250 à 5 000 salariés)
Les ETI ont des besoins plus complexes : périmètre organisationnel multi-sites, nécessité d’engager les fournisseurs sur le scope 3, et obligations CSRD qui se rapprochent. Les outils comme Sweep, Plan A ou Zelio Impact couvrent bien ce segment, avec des différences d’orientation : Sweep sur la supply chain, Plan A sur la conformité ESG globale, Zelio Impact sur les périmètres industriels et multi-entités.
Cabinets de conseil en développement durable
Un cabinet réalisant des bilans carbone pour le compte de clients a des besoins très spécifiques : gérer plusieurs dossiers clients depuis une interface unique, protéger la confidentialité des données de chaque client, et idéalement déployer la plateforme sous sa propre identité (marque blanche) pour renforcer sa proposition de valeur.
C’est un cas d’usage où l’offre du marché est encore limitée. Zelio Impact est l’une des rares solutions du marché français à proposer un mode marque blanche documenté et une architecture multi-clients adaptée aux cabinets, ce qui réduit les frictions opérationnelles lors du passage à l’échelle de l’activité conseil.
Industriels et manufacturiers
Les entreprises industrielles ont une particularité : leur empreinte carbone est souvent très liée à leurs produits et procédés, ce qui nécessite d’aller au-delà du bilan organisationnel pour descendre au niveau du produit — c’est le domaine de l’Analyse de Cycle de Vie (ACV).
La plupart des logiciels de bilan carbone ne proposent pas de module ACV intégré. Les industriels doivent alors jongler entre leur outil de bilan carbone et un logiciel ACV distinct (SimaPro, OpenLCA, GaBi). Zelio Impact constitue une exception notable sur le marché français en intégrant les deux approches dans une même plateforme, ce qui simplifie la cohérence méthodologique entre le bilan organisationnel et le bilan produit.
Groupes et structures multi-entités
Pour les groupes avec de nombreuses filiales ou les réseaux de franchises, la consolidation des données est le défi principal. Il faut pouvoir collecter les données à l’échelle de chaque entité, les consolider avec les bonnes règles de périmètre (contrôle opérationnel, contrôle financier ou part de capitaux), et produire à la fois des rapports entité par entité et un rapport consolidé groupe.
Sweep, Plan A et Zelio Impact offrent cette capacité de consolidation multi-entités. Diligent ESG est adapté aux groupes cotés ayant intégré la plateforme Diligent dans leur dispositif de gouvernance.
La plateforme GHG Protocol : comprendre le standard de référence
Quel que soit le logiciel choisi, il doit implémenter le GHG Protocol Corporate Accounting and Reporting Standard — le cadre de référence mondial pour la comptabilité des gaz à effet de serre des entreprises. Publié conjointement par le World Resources Institute (WRI) et le World Business Council for Sustainable Development (WBCSD), il est reconnu par la CSRD, les agences de notation ESG et les initiatives comme SBTi.
Le GHG Protocol distingue trois périmètres d’émission :
- Scope 1 : émissions directes issues des sources détenues ou contrôlées par l’entreprise (combustion, véhicules de flotte, procédés industriels).
- Scope 2 : émissions indirectes liées à la consommation d’énergie achetée (électricité, vapeur, froid, chaleur).
- Scope 3 : toutes les autres émissions indirectes de la chaîne de valeur, amont (achats, transport amont, déplacements) et aval (utilisation des produits, fin de vie).
Le scope 3 représente en moyenne 70 à 90 % de l’empreinte carbone totale d’une entreprise de services — et jusqu’à 95 % pour certaines entreprises financières ou de distribution. C’est donc sur ce scope que la qualité méthodologique et l’automatisation de la collecte font la plus grande différence entre les outils.
FAQ : questions fréquentes sur les logiciels de bilan carbone
Quelle est la différence entre un logiciel bilan carbone et un logiciel ACV ?
Un logiciel de bilan carbone mesure les émissions de GES d’une organisation sur une période donnée (généralement une année), selon les scopes 1, 2 et 3 du GHG Protocol. Un logiciel ACV (Analyse de Cycle de Vie) mesure l’impact environnemental d’un produit ou service sur l’ensemble de son cycle de vie — de l’extraction des matières premières à la fin de vie. Les deux approches sont complémentaires : le bilan carbone donne une vision organisationnelle, l’ACV donne une vision produit. Certaines plateformes comme Zelio Impact intègrent les deux dans un même outil.
Un logiciel bilan carbone suffit-il pour être conforme à la CSRD ?
La conformité CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) va au-delà du seul bilan carbone. L’ESRS E1 (Changement climatique) exige notamment la divulgation des émissions scopes 1, 2 et 3, des objectifs de réduction et d’un plan de transition. Mais la CSRD couvre également d’autres sujets environnementaux (eau, biodiversité, économie circulaire) et sociaux. Un logiciel de bilan carbone couvre la partie E1, mais une conformité CSRD complète nécessite généralement une plateforme ESG plus large ou une combinaison d’outils.
Quelle est la différence entre la méthode Bilan Carbone® ADEME et le GHG Protocol ?
Ces deux référentiels partagent la même structure (scopes 1, 2, 3) et sont largement compatibles. La méthode Bilan Carbone® de l’ADEME est une adaptation française du GHG Protocol, avec des spécificités sur la nomenclature des catégories d’émission et l’utilisation de la Base Empreinte® comme source de facteurs. Elle est obligatoire pour les entreprises soumises au bilan GES réglementaire en France (art. 75 de la loi Grenelle II). Le GHG Protocol est le standard international, préféré pour les reportings à destination des marchés financiers, des agences de notation ESG et des initiatives SBTi.
Un logiciel de bilan carbone peut-il remplacer un consultant carbone ?
Un logiciel automatise les tâches répétitives et structurantes — collecte de données, calcul, mise à jour des facteurs, génération de rapports. Mais il ne remplace pas l’expertise humaine pour des étapes clés : définir le périmètre organisationnel, choisir les méthodes d’allocation pour le scope 3, interpréter les résultats, prioriser les leviers de réduction et accompagner le changement interne. La combinaison optimale est généralement un logiciel robuste + une expertise conseil pour l’initialisation et les révisions méthodologiques.
Quelle est la différence entre un outil SaaS et une solution on-premise pour un bilan carbone ?
Les solutions SaaS (Software as a Service) sont hébergées dans le cloud par l’éditeur — elles ne nécessitent aucune infrastructure interne, sont mises à jour automatiquement et accessibles depuis un navigateur. Elles représentent aujourd’hui l’essentiel des offres du marché. Les solutions on-premise sont installées sur les serveurs de l’entreprise cliente — un modèle qui peut être exigé par certaines grandes organisations ayant des contraintes de souveraineté des données (secteur défense, opérateurs d’importance vitale). Ce modèle est rare dans le marché du bilan carbone.
Comment fonctionne la marque blanche pour les cabinets de conseil ?
Un logiciel de bilan carbone en mode marque blanche (white label) permet à un cabinet de conseil de proposer la plateforme à ses clients sous sa propre identité visuelle — logo, couleurs, domaine — sans que le nom de l’éditeur soit visible. Le cabinet dispose d’un espace d’administration centralisé pour gérer l’ensemble de ses dossiers clients. Ce modèle permet d’industrialiser la pratique du conseil en bilan carbone sans développer un outil en propre, tout en valorisant une offre numérique différenciante. Zelio Impact propose ce fonctionnement, ce qui reste peu répandu sur le marché français.
Quel budget prévoir pour un logiciel bilan carbone en 2026 ?
Les budgets varient fortement selon le périmètre et les fonctionnalités : de 1 500 à 5 000 € / an pour une PME utilisant un outil de premier bilan (Sami, Greenly, Zelio entrée de gamme) ; de 10 000 à 40 000 € / an pour une ETI avec des fonctionnalités avancées (scope 3 détaillé, multi-sites, CSRD) ; au-delà de 50 000 € / an pour les solutions grandes entreprises ou les groupes internationaux. À ces coûts de licence s’ajoutent souvent des coûts d’implémentation (formation, paramétrage, migration de données) représentant 20 à 50 % du coût annuel la première année.
Un logiciel de bilan carbone est-il obligatoire pour les PME ?
En France, le bilan GES réglementaire est aujourd’hui obligatoire uniquement pour les entreprises de plus de 500 salariés (250 dans les DOM-TOM) et certaines entités publiques. Il n’existe pas d’obligation légale directe pour les PME. Cependant, la pression indirecte se renforce : certains donneurs d’ordre (grandes entreprises soumises à la CSRD) demandent à leurs fournisseurs des données carbone dans le cadre de leur scope 3. La loi Climat et Résilience a par ailleurs renforcé les obligations de transparence. Utiliser un logiciel dédié, même pour les PME non soumises à l’obligation, garantit la traçabilité et la reproductibilité des calculs en cas de demande client ou d’audit.
Conclusion : vers une comptabilité carbone industrialisée
Le marché des logiciels de bilan carbone a considérablement mûri depuis 2020. Les premières générations d’outils, souvent des tableurs améliorés avec une interface web, ont laissé place à de véritables plateformes de comptabilité carbone intégrant automatisation, connectivité et conformité réglementaire.
Le choix d’un outil dépend avant tout de votre situation : taille de l’organisation, complexité du périmètre organisationnel, besoin ou non d’un module ACV, existence d’une dimension conseil ou multi-clients, et niveau de maturité de votre approche carbone.
Quelques principes orientent généralement une bonne décision :
- Ne pas sur-dimensionner : une PME réalisant son premier bilan n’a pas besoin d’une plateforme entreprise à 30 000 € / an.
- Anticiper l’évolutivité : choisir un outil que vous pourrez conserver dans 3 ans, lorsque votre maturité et vos obligations réglementaires auront évolué.
- Vérifier la couverture méthodologique avant la couverture fonctionnelle : un outil beau et bien designé avec des facteurs d’émission incomplets ou non actualisés produira un résultat peu fiable.
- Intégrer le coût de la collecte dans l’équation : l’automatisation de la collecte des données est souvent le principal levier de ROI d’un logiciel dédié.
Le bilan carbone n’est plus un exercice ponctuel de communication RSE — c’est un outil de pilotage stratégique qui s’intègre progressivement dans les processus financiers, opérationnels et de gouvernance des entreprises. Se doter d’une solution bilan carbone PME ou entreprise robuste et évolutive, c’est poser les bases d’une décarbonation pilotée par les données.
Si votre organisation présente des caractéristiques spécifiques — périmètre multi-sites, activité industrielle avec dimension ACV, pratique de conseil en décarbonation — il vaut la peine d’examiner les solutions qui ont été conçues pour ces usages, plutôt que d’adapter des outils généralistes à des besoins qu’ils n’ont pas été conçus pour couvrir.